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Je ne suis pas rentrée dans l’histoire…

Devant les avis nombreux et dithyrambiques au sujet du livre « Eleanor Oliphant va très bien » et l’ambiance générale s’y dégageant m’allant plutôt bien, je me suis lancée dans l’écoute en anglais de l’ouvrage de Gail Honeyman. Malheureusement, je ne suis pas rentrée dans l’histoire et je me suis alors demandé pourquoi? Tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour que je passe un bon moment, pas du grandiose, mais une  écoute agréable. Finalement, je me suis ennuyée et je n’aurais pas fini l’histoire si je ne l’avais pas écoutée en anglais, me motivant pour y puiser une source de révision de la langue de Shakespeare.

Mais alors pourquoi? Pourquoi ce désintéressement qui aurait pu passer pour de la détente? Pourquoi un bon cocktail ne produit pas l’effet escompté? Peut-être ai-je manqué le démarrage? C’est au début de l’ouvrage que j’aurais dû être attentive, que j’aurais dû apprendre à aimer l’héroïne, que je m’identifie et que je ressente ses problèmes comme étant les miens.  Je plaide coupable d’avoir été distraite, au lieu d’écouter la voix de l’interprète, je me suis enlisée dans des pensées personnelles.

Certes, j’ai manqué à ma qualité d’auditrice mais ce défaut m’est déjà arrivé lors de précédentes écoutes et je me suis pourtant bien intégrée à l’histoire par la suite. Alors, est-ce que les milliers d’avis positifs quant à ce livre avaient tout faux?

Pourquoi ne rentre-t-on pas dans le récit alors que d’autres lecteurs ont déjà validé ses qualités? On pourrait invoquer les goûts mais ça serait surestimer notre subjectivité dans une quête qui n’a pas de finalité propre et exigeante.

Je pense alors qu’il est plutôt question d’un déséquilibre entre l’étonnement et l’immersion : ce qui était fait pour créer la surprise m’a lassée, je n’y ai vu que de conventionnels retournements de situation, et ce qui devait me faire pénétrer dans l’histoire m’a éloignée. Il m’a semblé que le personnage nous orientait vers une légèreté axée sur sa personnalité artificiellement exagérée, caricaturée parfois alors que le sujet traité était bien plus profond. La superficialité des discours discrédite le cheminement général de l’histoire.

J’aurais dû retrouver un décor, une atmosphère qui est habituelle au sens où elle traverse plusieurs axes de réflexion de notre vie. Les traits d’Eleanor était extrapolés à tel point que la pénétration du personnage est limitée, on en perçoit que des soubresauts, qu’une surface simpliste d’un caractère presque enfantin.

Alors, je suis restée observatrice en surface d’une mise en scène ficelée mais luisante. J’ai tourné et tourné autour sans jamais réussir à me poser, à me satisfaire de ce que j’entendais. J’avais l’impression d’attirer les mots mais de ne pas réussir à les retenir, ils m’échappaient sans que je puisse y objecter quelques réticences.

Finalement, entremêlées avec mon attente de rien, les secousses maladroites du livre m’ont laissée sur le bas côté. Je ne m’attendais à rien de précis, mais le vide entraînant le manque, je me suis fait prendre au jeu de l’ennui.

 

Les nébulations d’Estelle

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