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Notre vie serait-elle une formule mathématique?

Dès le collège, certains élèves subversifs s’érigent contre la nécessité absolue de travailler les mathématiques. Pourquoi apprendre Thalès et Pythagore? Pourquoi donner une place si prépondérante à une discipline, peut-être au détriment d’autres? Alors, les voix traditionnelles prônent le caractère formateur et rationnel de la logique pure, de la matière par excellence. Les mathématiques formatent notre esprit et nous aident à construire notre réflexion itérative et ordonnée. Certains arguent même qu’elles nous aident à affronter le stress.

C’est ce que j’ai toujours pensé, une adéquation entre la logique et le vertige abyssal de notre personne face à la vie. Au-delà même d’une quête dialectique, j’éprouve un plaisir pur à la résolution de problèmes de limites de fonctions ou d’intégrales. On découvre le goût de la vérité quasiment incontestable. Cette question qu’approfondissent aussi les philosophes de la rationalité donne une nouvelle substance à nos propres possibles.

Après la lecture de « Signes, symboles et mythes » de Luc Benoist, j’ajoute une nouvelle corde à mon arc car l’auteur développe la concomitance entre la cosmogonie et autres mythes fondateurs et la géométrie. Ce sont à travers des données mathématiques, notamment géométriques et les nombres, que se forment notre culture, nos codes et nos idées premières. La pensée humaine est éminemment liée à un ensemble mathématique qui régit nos habitudes et nos coutumes. Par exemple, la Terre qui tourne autour du soleil inspirera d’autres cultes et rites humains à l’image d’un centre dynamique régissant des lois humaines et matérielles.

C’est seulement à travers la matière, à travers des limitations spatiales et temporelles, que nous appréhendons notre environnement et que nous tissons nos possibles comme des artisans.  Simone Weil disait :

Finalement, j’en viens à me demander si notre mépris ou du moins notre désintérêt à l’encontre des mathématiques n’est pas le premier paradoxe de l’Homme auquel il doit remédier afin de s’y rattacher et de se retrouver.

En effet, nous sommes tellement dépendants des mathématiques que nous ne les voyons plus. Elles font partie de notre vie, de nous depuis petites et petits. On devrait commencer les leçons d’arithmétique et de géométrie en prenant conscience de leur imprégnation permanente dans notre quotidien, ne serait-ce qu’en matière de symbolisme des nombres. Le 1, le 2 ou le 3 etc n’impactent pas notre instinct de la même manière.

Si tout ne se résume pas à un calcul rationnel, force est de constater que nous nous soumettons constamment aux lois fondamentales des mathématiques et de la physique avant même d’y introduire la pensée, les idées et les symboles. Un bébé comprend la théorie de Newton avant de parler! C’est l’esprit, qui pour se façonner et se donner une place dans cet ensemble physique, devra intérioriser les topographies et les symboles de son environnement.

En somme, peu importe notre niveau en maths à l’école, cette discipline ne nous a jamais boudés. Elle a été le premier apprentissage. A nous de « compter » sur elle!

 

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Et si la ruse en tant qu’art nous rapprochait de notre nature sauvage?

Trop c’est trop!