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How to stop time de Matt Haig ou faut-il arrêter le temps?

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Et si nous pouvions vivre plus longtemps? Et si le temps devenait plus malléable ? C’est l’expérience qui arrive à Tom Hazard, personnage issu du roman de Matt Haig intitulé « How to stop time? ». Cet homme qui a l’allure d’un quadragénaire est en fait né il y a plus de quatre siècles. Il a connu l’amour et désespère de retrouver sa fille.

Pourquoi j’ai lu ce livre? Parce que la mesure du temps et son inarrêtable course me pétrifient parfois. Nous sommes dans un train lâché à pleine vitesse sans aucun moyen de le stopper. Alors, chacun sa méthode pour y échapper. On tente la philosophie et on lit des auteurs qui ont eu la même frayeur que nous. On médite en pensant se réapproprier le temps qui fuit. On imagine qu’en le laissant filer, immobile, par la pensée, sa matérialisation et ses conséquences seront moins lourdes. On fait du sport pour rester jeune et « s’entretenir ». On écrit des « to-do-list » pour « gagner du temps » ou ne pas le perdre, ou au moins avoir la sensation qu’on aura fait ce que l’on pouvait dans le creux des minutes qui s’effacent.

On a tous nos petites manies et nos techniques. Et puis, il y a ceux qui n’y pensent pas. Ceux qui sont trop détachés pour en être amoindris. Ceux encore qui sont tellement angoissés par ce temps lapidaire qu’ils ne s’en rendent pas compte et oublient que le paradoxe de notre situation. Nous ne pouvons accepter de vivre qu’en admettant que nous mourrons sans toutefois se le figurer. Nous n’y pensons pas.

Plus ou moins consciemment, nous nous efforçons de nous ancrer quelque part. Nous voulons marquer notre époque d’une quelconque manière. Certains ont des enfants parce que la lignée doit survivre, notre fameux patrimoine doit se transmettre. C’est aussi une manière de refuser l’arrêt, la disparition. D’autres se tuent au travail dans l’optique de construire ce quelque chose, d’apporter leur pierre à l’édifice de la société afin qu’elle sache qu’ils ont été. Qu’ils seront. D’autres encore refusent d’être un fardeau pour les générations futures et œuvrent pour un environnement plus sain, plus pur. Ils ne seront plus là pour voir les dégâts mais ils les anticipent, les traquent et alertent.

D’ailleurs, dans les médias, on ne nous informe plus du décès ou de la mort de quelqu’un mais de sa disparition. On ne meurt pas, on disparait. Je trouve ce terme bouleversant parce qu’il nie notre implication sur cette terre. Nous n’avons plus l’aubaine de laisser de la poussière, nous disparaissons. De chair et d’os, nous n’existons plus. Nous sommes gommés, effacés, supprimés. Je préfère mourir plutôt que disparaître.

Je m’écarte du sujet mais c’est pour vous dire à quel point le principe du temps peut être angoissant chez certaines personnes (vous l’aurez compris, chez moi beaucoup!). A travers le livre de Matt Haig, j’ai réfléchi à ce que serait une vie plus longue, celle dans laquelle on verrait mourir les personnes qui nous entourent. Je n’ai pas aimé ressentir ce temps interminable. Le narrateur fait bien passer son message.

Toutefois, l’histoire en elle-même ne m’a pas marquée. Elle est plutôt quelconque. C’est agréable pour un roman d’été mais sans plus. Entre banalités et scènes ubuesques, je ne me suis pas prise au jeu. J’avais lu du même auteur « The midnight library » et j’ai préféré.

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